06 janvier 2008
Meilleurs voeux ; tout le bonheur du monde
Il est de coutume de faire un voeu à la vue d'une étoile filante. Laissons cependant les candidats de la téléréalité à un oubli mérité. De même, sans contester la légitimité du voeu de la loi, on procédera à quelques détours afin de se diriger vers la nouvelle année. Car, il est des traditions, candides peut-être, sympathiques certainement. Or, 2007 a tiré sa révérence, inutile de nous cacher plus longtemps cette vérité calendaire. Si certains ont fait voeux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance, de pélerinage, d'autres apprécieront davantage que 2008 exaucent leurs espoirs de santé, de réussite dans leurs entreprises, de bonheurs. Les promesses faites à soi-même, engagent. Je vous souhaite, sans solennité aucune, imagination fertile, désirs amoureux, et en ces temps de sécurité sociale chancellante, santé insolente. Que l'année à venir nous permettent d'accepter nos faiblesses et de croire en nos forces pour améliorer au quotidien, la vie. Puissions-nous, après chaque chute, nous relever. Si un travail à la valeur de l'effort qu'il nécessite et du coeur que l'on y a mis, si la route est plus belle que la destination, nul besoin d'invoquer la chance ou le destin. Nous savons depuis Corinne Charby, que la vie est cadeau. Ne cueillons point les roses, admirons-les. La Terre vue à hauteur d'homme vaut mieux que les images vues du ciel.
Excellente année à vous.
18 décembre 2007
Variations sur un prénom
Le prénom Jenny vient du prénom gallois Gwenhwyfar qui signifie "pur" et "doux". Etonnant, non ? Certes, et d'autant plus que d'autres donnent pour éthymologie, silhouette blanche aperçue dans les Cornouailles et ayant vaguement à faire avec les chevaliers de la table ronde (d'où un côté romantique ?).
S'il peut être considérer comme un diminutif du prénom Jennifer, doit-on pour autant en déduire que les Jenny ont pour loisir le repassage ?
Il parait, par ailleurs et toutes choses étant égales, que le bleu est sa couleur et le 7 son chiffre porte-bonheur. Ce qui je l'avoue est loin de me bouche une dent creuse mais néanmoins donne à réfléchir (notamment sur la couleur des bulletins du loto).
Où cela nous mène-t-il ? Je n'en sais fichtre rien. J'ai perdu mon GPS.
Quoi qu'il en soit, je vous le dis sans arrière-pensée apolitique et hivernale, Carla B. est une sacrée chanteuse. Quant aux Jenny, Jennifer et autres Geneviève cette chronique les laisseront sans voix.
06 décembre 2007
? ? ?
Voilà au moins six mois que ce blog n'est plus alimenté.
Il reçoit pourtant autant (aussi peu) de visites.
Peu importe le contenu, en somme. Leçon de modestie sans doute. La raison des moteurs de recherche a ses raisons que l'on ne discutera point.
Voyageurs virtuels autant qu'égarés, je vous salue bien bas et ne saurais trop vous conseiller d'ouvrir un bon bouquin et vos yeux et votre porte.
01 mai 2007
Qu'est-ce qu'une chanson ?
Un disque c'est un objet bien sûr, que l'on tient entre ses mains, que l'on regarde. Les dessins de Dupuy et Berbérian pour Hugo (La nuit des balançoires, 2005) est, pourtant, malgré l'immense talent des deux auteurs de BD, écœurant. Les albums façon livres de Francis Cabrel (depuis Samedi soir sur la Terre en 1994), Renaud (Boucan d'enfer en 2002 qui marquait son retour) Stephen Eicher (Non ci badar, guarda e passa… en 1994) sont certes beaux. On dira la même chose des boitiers métalliques de Rouge et de Chansons pour les pieds de Jean-Jacques Goldman. Ces albums-là vous donnent plutôt l'envie de les acheter que de les télécharger (légalement ou non). Pourtant, Raphaël et Carla Bruni, pour ne considérer que ces deux artistes-ci, ne proposent que le minimum soient un boîtier plastique et un CD qui, vierge ne vaut pas triplette ni à Belleville ni ailleurs. Ils se sont très bien vendus ; merci pour eux. On peut donc raisonnablement avancer l'idée que le contenu immatériel s'avère primordial.
Un disque, une chanson se compose d'un texte. Lorsque, par exemple, Lena Ka chante Tous les cris les SOS, le texte de Daniel Balavoine est bien là, magnifique, poétique. Il manque cependant quelque chose. Lorsque les éditions Atlas lançaient à la fin des années 1990, leur collections "Ils chantent", précisant sur la jaquette des CD, "hommage", il aurait été difficile de discuter du choix des artistes. Qui mettrait en doute le talent d'un Georges Brassens ou d'un J.-J. Goldman ? Parmi ceux qui reprenaient les titres de ces artistes, on notait un ex-présentateur de télé Pascal Brunner, des chanteurs à la carrière plutôt derrière eux (soit dit sans offense aucune) et d'autres qui passaient par là, à ce moment. Il n'y manquait le plus souvent que l'émotion, celle qui vous prend aux tripes en écoutant Grand corps malade.
La sincérité indéniable d'un Gérard Lenorman (par exemple, son album La raison de l'autre) ou d'un Michel Fugain (Bravo et merci, 2007) pas toujours exempts d'une certaine naïveté, séduit. Un artiste qui triche ou qui se répète, disque après disque, finit par lasser. Un artiste honnête avec lui-même et son public mérite d'être écouté et pas seulement entendu, sur les ondes de radios commerciales entre deux tunnels publicitaires.
Une chanson c'est un texte et un chanteur. Ainsi, la voix, sa tessiture, son accent, de Tina Arena chantant Un autre univers vous entraîne comme le phrasé d'Anaïs, la Grande Sophie ou encore Jeanne Cherhal. La musique aussi compte beaucoup. On peut aimer le rythme survolté de Luke (postérieurement à La vie presque, évidemment) ou d'un Kyo, l'énergie rock de Téléphone ou de Louise attaque (ancienne période).
Qu'est-ce qu'une chanson ? Une rencontre. Une alchimie.
22 avril 2007
Le pitch est connu
Pierre et fils, c'est Pierre Malaquais, 38 ans, qui se demande bien qui est cet inconnu à la silhouette de clochard qui vient piquer dans les rayons de son petit supermarché. Il y a comme un air de famille. Surprise, c'est papa...
Surprise de taille puisque le fiston n'a plus vu son père depuis 38 ans environ, autant dire, si vous suivez ce que vous lisez, depuis sa naissance. Il est des pères courageux qui se voient plutôt aventuriers que menant une existence trop rangée, trop banalement quotidienne mais, bien sûr il ne s'agit que de théâtre. Prière de ne voir aucune allusion à quelque phénomène réel. Nous sommes dans l'imaginaire artistique.
Saluons d'abord la prestation de Pierre Richard, dans un rôle de mythomane, un peu parasite sur les bords, soudain émouvant. Cette capacité à passer d'un registre à l'autre, l'expressivité de son visage et plus particulièrement de son regard sont incroyables.
Vous ayant mis l'eau à la bouche, il est temps de procéder à quelques digressions car il convient de mériter la critique de cette pièce.
Le Théâtre des variétés qui accueille Pierre et fils depuis le 21 septembre 2006 et qui jouent les prolongations jusqu'au 29 avril, a une longue histoire derrière lui (et sans doute devant également, mais, en l'absence de Mme Irma partie voter dans le plus proche bureau de vote, il est difficile de se prononcer). Situé dans le deuxième arrondissement de Paris, il fut inauguré le 24 juin 1807 comme les moins jeunes d'entre vous s'en souviennent. Ce théâtre fêtera donc son bicentenaire prochainement et pour être plus précis, le 15 octobre 2007 et non en juin ; cela aurait manqué d'originalité. On sait déjà que Sacha Guitry ne pourra être présent : il s'est excusé. Par contre, Francis Huster et Jean-claude Brialy seront présents. Non, je n'ai pas dit que les meilleurs partent avant les autres. Non, ce n'est pas vrai. Je ne fais aucun commentaire qui contredirait l'objectivité de ce blog. Vous n'aviez pas encore remarqué l'objectivité de textes ? Vous me surprenez. Pierre Palmade apprécie les lieux puisqu'ils les squattaient déjà précédemment dans Ils s'aiment puis Ils se sont aimés avec Michèle Laroque. Pour revenir à l'historique du théâtre, il accueillit sur sa scène nombre de talents. Citons pour exemples Sarah Bernhardt (La dame aux camélias), Mistinguett (dans les Midinettes) ainsi que Jean Poiret dont la perte pour l'humour contemporain est immense, Michel Serrault, Jacqueline Maillant, Pierre Arditi, Jean-Paul Belmondo qui en fut d'ailleurs le propriétaire de 1991 à 2004.
Pierre et fils est un succès à en juger par le nombre de spectateurs en ce vendredi 20 avril où je me retrouvai assis sur un strapontin. Ce siège me semble tout à fait significatif de l'art théâtral puisque, au sens figuré du terme, il renvoie à l'idée d'éphémère et de secondaire. La pièce bénéficie de deux têtes d'affiche, ce qui participe sans doute au succès commercial. Et indiscutablement, le Grand blond chausse admirablement bien son rôle de père fuyant, instable et sans gêne. Non que Pierre Palmade soit mauvais. Pas du tout. J'ai cependant une petite préférence pour le premier.
Comme le dossier de presse l'indique, ne cherchez pas l'unité de temps et de lieu. Le spectacle se compose de saynètes, du supermarché à l'appartement, de l'accident de voiture au zoo jusqu'à la maternité en guise de rappel. C'est avec une habilité remarquable que le spectateur s'imagine d'un lieu à l'autre, aider en cela par les images projetées sur un écran, ou encore par l'odeur du brûlé (requin à la mangue cuisiné par le père pour les invités de son fils et carbonisé à la suite d'un séjour trop allongé dans le four ; en fait du cabillaud à l'orange). Signalons des effets scéniques des plus réussis. Je pense à la scène des festivités de fin d'année où l'un des Pierre rend visite à sa mère et l'autre Pierre décore le sapin dans l'appartement du premier. Deux lieux que l'on visualise simultanément, deux scènes en parallèle. Vraiment remarquable. La pièce raconte l'histoire d'une réconciliation en une dizaine de tableaux, celle d'un père et de son fils. C'est aussi l'écroulement des faux semblants, des mensonges que l'on préfère à la vérité (exemple : la bisexualité de Pierre fils).
La pièce regorge de scènes très drôles, citons celle d'ouverture où l'inconnu explique les raisons de son vol au directeur (les dialogues sont croustillants, fins, percutants). Il y a du rire et de l'émotion. La pièce est globalement à voir. Elle ne marquera pas l'histoire de l'art théâtral, mais, elle n'est pas désagréable à voir. Et puis, Pierre Richard…
15 avril 2007
Idée fixe (pour une chronique mensuelle)
On retient habituellement de sa majesté Edouard VII qu'il fut à l'origine de l'Entente cordiale entre la France et l'Angleterre. Il eut l'idée de trépasser en 1910 ce qui lui évita le spectacle de deux guerres mondiales et d'autres évènements historiques tout aussi attristants comme un Bernard-l'Ermite sans coquille. Aimait-il le théâtre ? Il se peut. Il semble en tout cas, qu'il appréciait les boulevards de la capitale française… Ce goût du fils de la reine Victoria pour certaines rues parisiennes incita à donner son nom à un bâtiment initialement prévu pour le septième art. Le théâtre Edouard VII remplit cet office cinématographique de 1913 à 1916 puis dans les années trente. Fermé en 1999, il est totalement rénové et ouvre ses portes en septembre 2001 car comme chacun le sait l'automne est un commencement : rentrées scolaire, littéraire, théâtrale et tutti quanti.
La station Opéra étant fermé, je ne saurais trop vous conseiller de descendre à Madeleine (ligne 14 par exemple) et de suivre le boulevard du même nom proustien, pour accéder à ce sympathique coin piétonnier du IXe arrondissement (le théâtre se situe en effet place Edouard VII ; on voit par là l'imagination nominale des plans cadastraux).
On y donne en ce moment une idée fixe. Précisons de suite qu'il ne s'agit pas du thème de l'insécurité. En effet, si les hommes politiques adoptent parfois un ton théâtral, la réciproque est nettement moins avérée. Cette hantise, manie, marotte, obsession monomaniaque est celle que le médecin en proie au mal de l'inactivité, diagnostique chez son confrère vacancier, écrivain à ses moments perdus. Bernard Murat interprète le premier et Pierre Arditi, le second. Le texte original dû à Paul Valéry s'intitule l'Idée fixe ou deux hommes à la mer. C'est d'ailleurs à prendre au sens propre du terme puisque les deux personnages sont en bordure de mer. Le décor est plutôt réussi : aussi bien les rochers dessinant la crique escarpée qui sert de refuge aux deux touristes que le jeu de lumière accompagnant le déroulement du jour, de l'aube au crépuscule. Les deux acteurs ont une vraie complicité, une entente évidente, osons même une cordialité indiscutable. Quid du texte ? Question difficile. Certains vous diront que la conversation mise en scène est brillante, drôle, émouvante (tout amoureux blessé l'est), intelligente. D'autres éprouvent plutôt une impression de verbiage qui incite à poser sa tête sur l'épaule de son voisin (si vous êtes en couple, sinon à éviter) ou à manifester quelques toux et bâillements. Le fait est que le spectateur doit se concentrer tant le texte est difficile. Le personnage de Pierre Arditi est rongé par une idée fixe, pardon, une omnivalence. Ne cherchez pas ce terme dans un dico. Vous ne le trouverez pas. Toute la pièce est constituée par ce face à face intellectuel entre deux hommes, l'un, amoureux rejeté va chercher refuge dans la réflexion intellectualisante sur les sujets les plus divers afin de tenir à l'écart ses sentiments, et l'autre, faux peintre avec attirail de pêcheur, qui considère que certaines boules de chagrin gagnent à ne pas être défaite. Le fil du récit est constitué de ce dialogue, cette joute verbale sautant qu'un sujet à l'autre, d'Einstein à la chasse aux perroquets (et autres idées reçues), des magiciens à la bible, pour éviter les confessions impudiques et tenir à distance les émotions. Il y a là une élégance certaine à l'image de nos deux personnages qui sont en vacances mais en costume. On voit par ce détail que l'époque est lointaine. Un autre siècle.
La pièce se termine avec cette phrase : un homme seul est toujours en mauvaise compagnie. Une amitié est née entre deux écorchés.
Pourtant, au final, cette pièce ne me paraît pas une totale réussite. N'y voyez pas d'idée très arrêtée, d'avis définitif, un simple avertissement. Si vous souhaitez aller voir ces deux acteurs certes irréprochables, sachez que le texte est difficile. Peut-être est-il davantage fait pour être lu.
11 février 2007
Harold Crick ou la vie est un roman
Certains films vous scotchent au fauteuil au point que vous restez assis lorsque arrive le générique de fin. Ainsi de Stranger than fiction (réalisé par Marc Forster), qu'un traducteur a intitulé L'étrange destin d'Harold Crick.
L'histoire est la suivante.
Un matin qui devait être comme tous les autres, le héros, Harold de son prénom, se lève comme l'y invite sa montre. Homme ordinaire à l'extrême, qui se brosse les dents 72 fois (sauf erreur de ma mémoire "flanchante") soit 36 fois dans un sens et 36 dans l'autre sens, anonyme fonctionnaire des impôts, Harold entend soudain une voix décrivant ce qu'il vient de faire. Convenez qu'il y a là de quoi dérégler même la vie la mieux agencée et déstabiliser son bonhomme ! Puisque ce n'est pas sa brosse à dents qui est devenue subitement bavarde, le héros s'inquiète. Il ne compte plus avec le même entrain le nombre de pas pour rejoindre le bus qui l'amène jusqu'à son travail ni ne procède avec la même impavidité aux contrôles fiscaux. D'autant moins que la voix féminine revient pour lui prédire la mort. Devient-il fou ?
Son DRH (acronyme de directeur des ressources humaines) lui conseille de prendre un peu de vacances (une petite partie de toutes celles qu'il n'a, jusqu'à ce jour, jamais prises).
Harold Crick est interprété par Will Ferrell. Ce n'est pas forcément lui qui emporte le plus l'adhésion, tant on se demande si l'absence de tout charisme voire son inexpressivité résulte du fait qu'il habite son personnage (et il a alors du talent à revendre) ou si, au contraire, l'acteur est bien fade.
À l'inverse, on ne s'interroge pas un instant sur Emma Thomson qui, dans le rôle de Karen (Kay) Eiffel, romancière en panne sèche depuis 10 ans, est extraordinaire. Elle donne à son personnage déglingué ce qu'il faut d'excès, d'égoïsme mais aussi, de fragilité. Il suffit de voir la scène sous la pluie ou encore mieux, à l'hôpital lorsqu'elle demande à une infirmière où se situent les mourants. C'est bidonnant. Le grand écart entre la situation des hommes et des femmes hospitalisés et la visite in situ de la romancière à la recherche de l'inspiration crée un tel contraste que le spectateur éclate de rire. Le souci de Karen c'est de trouver comment tuer le héros de son neuvième roman. Elle a réussi à exécuter les huit précédents, mais, celui-ci lui donne du fil à retordre. Entre deux cigarettes, la romancière soupèse si la chute du haut d'un immeuble est préférable à un accident de voiture par temps pluvieux.
Harold va consulter une psy qui diagnostique une schizophrénie et qui, à défaut, conseille à son éphémère patient d'aller voir un critique littéraire.
Heureuse surprise : Dustin Hoffman, himself. Epatant ! Pieds nus et en costume, professeur de littérature, critique et maître nageur, Dustin Hoffman EST ce spécialiste littéraire qui diagnostique que "loin de se douter de ce qu'il l'attendait" cache un narrateur omniscient. Harold est-il dans une tragédie ou une comédie ? La question est essentielle car dans le second cas, l'histoire finira bien (pour lui). Harold ne veut pas mourir. Sa vie n'a certes aucun intérêt. Il n'a pas de rêve, pas d'amour et un seul ami. Mais il refuse une fin prochaine. Par principe. Harold veut changer son destin.
D'ailleurs, il tombe amoureux. De la pâtissière un peu anarchiste qui refuse de payer la partie de ses impôts qui financeraient la Défense autrement dite l'armée. Maggie Gyllenhaal joue cette femme qui, à des études à l'université d'Harvard et une carrière brillante, a préféré la confection de gâteaux parce que ça rend les gens heureux. L'actrice américaine au charme naturel est apparue dans Paris, je t'aime (voir critique antérieure dans cette même catégorie), Le sourire de Mona Lisa (avec Julia roberts) ou encore La secrétaire (dont on se souvient de l'affiche !) et Confessions d'un homme dangereux.
Film sur l'illusion de l'art (le roman) et la réalité (elle-même fictionnelle puisque le film), le croisement des deux, les interconnexions, interrogation sur le rôle de l'art (subversion ? description du quotidien, sublimation de cette banalité ?), L'étrange destin d'Harold Crick est un bonheur rare. Ce film invite à être pleinement acteur de sa vie, à ne pas remettre à demain les petits bonheurs du quotidien et les petits gestes d'affection.
Contrairement à ce que vous avez pu lire sur d'autres site Internet, la fin heureuse (happy end) ne gâche rien. Non. C'est juste un rappel que chaque individu conserve une certaine liberté d'action, que nous faisons des choix, que notre existence nous appartient.
Un film aussi formidable, optimiste, cocasse, généreux, léger et grave, méritait bien une chronique sur ce blog, en déshérence. J'espère que cet avis vous aura donné envie de faire un tour du côté de votre cinéma préféré.
27 novembre 2006
In Libro Veritas (Votre avis pour un empire)
Chère Louise B.
Pourquoi chère ? Me seriez-vous chère ? Ou convient-il d'y voir une de ces sortes de formules de politesse qui à force de banalité ne renvoit plus que vacuité ? Pourquoi chère ? Est-ce que parce que vous avez laissé un message à propos d'une précédente chronique, montrant ainsi un certain étonnement devant votre popularité galopante et un intérêt inespéré pour ma chronique ? Serait-ce plutôt que par la seule force d'attraction de votre prénom suivi de votre nom, vous assurez à ce blog des visites régulières malgré l'absence de tout nouveau texte ? Pourriez-vous y voir quelque ironie désenchantée ? (celle d'un auteur cherchant lecteurs). Eh, bien laissons plutôt chacun libre de penser.
Abordons maintenant le coeur de la chose : écrivain dilettante depuis huit ans, mes textes "ne rentrent pas dans la politique éditoriale des éditeurs". Vous en conviendrez c'est un peu vague. Aussi, lecteurs, j'ai besoin de vous. Ne vous demandez pas ce que la littérature peut faire pour vous mais demandez-vous ce que vous pouvez accomplir pour mes oeuvres passées, présentes, futures. Bref, je sollicite votre avis critique. Imaginant à tort ou a raison, votre temps précieux et l'envie de lire des centaine de pages, modérée, je vous propose deux nouvelles (l'une d'une quarantaine de pages et l'autre, d'une douzaine), toutes deux sont disponibles gratuitement, évidemment, sur le site de In libro veritas :
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre6687.html
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre2487.html
Si vous souhaitez donner un avis (vous avez aimé ou pas, vous avez lu jusqu'au bout ou non, retrouvez-vous dans ces nouvelles un style identique à celui des chroniques de ce blog, etc.), vos commentaires me seront des plus précieux pour estimer l'intérêt, la valeur de mes écrits.
Merci de votre aide.
22 octobre 2006
Entre Arras et Arles
Il se peut que vous lisiez parfois (chez le dentiste ou le coiffeur), journaux et magazines. Dans un tel cas de figure, il n'est pas impossible que vous soyiez tombés par inadvertance sur une lettre à Zélie. François Gorin a bien du talent dans l'art de la chronique et il ne s'agit pas là d'une hypothèse.
J'ai fait un rapide tour de France par l'Est et la semaine du goût s'achève. Le 17 octobre, j'étais à Châlons, j'allais à Nancy et 45 ans auparavant des manifestants algériens prenaient un bain dans la Seine. Beaune au matin du 18 nous accordaient une météo ensoleillée et l'on ne s'est pas interrogé sur le futur référendum portugais légalisant ou non l'avortement. Mais, je sais que un ou deux parents qui ne souhaitent pas le devenir, ça donne plus de malheur qu'autre chose. Considérez cela comme une forte probabilité, si vous préférez l'exactitude scientifique des mathématiques à la vérité subjective des êtres. La gare d'Avignon, par un mercredi soir orageux, n'a pas la grâce d'un grand corps malade. Arles sous la pluie découragent les taxis. Jo s'en fout.
Merci à ceux (y compris celles) qui s'arrêtent en ces lieux.
21 octobre 2006
Louise
A la demande générale :

Il convient en effet de satisfaire son public...
La chronique du 14 octobre avait suscité un certain engoument. Hélas ! Julien vint (cf commentaire du 23/10) et les illusions s'envolèrent...
Quant à demain, je vous le prédis, on fêtera les Elodie et les Salomé.
Fleur des champs si l'on en croit son étymologie grecque alors que ces racines latines penchent davantage vers une terre libre, Michel Sardou en a chanté une mélodie.
Quant à l'émir de Cordoue, je le dis sans arrière-pensée apolitique, il avait une drôle de façon de fêter le 22 octobre.
Quant à la seconde, elle maitrisait l'art de la danse au point d'en faire perdre la tête aux hommes. Les hommes ont un coeur d'artichaud...

